
Le problème avec les romans historiques est qu’ils nous rappellent que l’Histoire est un éternel et terrible recommencement.
Les guerriers de l’hiver relate l’effroyable Guerre d’Hiver, un affrontement de 105 jours d’une violence inouïe entre novembre 1939 et mars 1940, qui opposa la toute jeune démocratie finlandaise et l’Union Soviétique de Staline avec des combats par -35 à -50°
Olivier Norek a écrit un livre poignant et militant, nous rappelant à quel point le peuple russe est un peuple maudit mais généreux. Généreux, car il met un point d’honneur à faire profiter de sa malédiction ses voisins dans une sorte de danse macabre perverse, lâche et meurtrière.
Car le soviétisme ne fut qu’un nationalisme grand russe peint en rouge. Rien n'a changé, absolument rien.

La Russie éternelle
Vous remplacez « Finlande » par « Ukraine » et « Finlandais » par « Ukrainien », et tout fonctionne, tout s’emboite diaboliquement à la perfection à 1000 km et 80 ans de distance :
Le prétexte de la guerre : protéger Saint-Pétersbourg d’une possible invasion allemande par le nord.
Les efforts diplomatiques vains pour éviter une guerre dont le grand Staline a déjà décidé qu'elle aura lieu.
Le coup monté : un tir russe volontaire sur une position russe frontalière qui rappelle les incidents organisés dans le Donbass et à Odessa en 2014.
Le bombardement aveugle et systématique des villes afin de démoraliser la population et qui a eu exactement l’effet inverse comme à Londres en 1940 et en Ukraine aujourd’hui.
La création d’un gouvernement fantoche dans les zones frontalières revendiquées qui rappelle les pseudos indépendantistes du Donbass.
L’arrogance et l’incompétence des officiers russes qui annoncent que la guerre sera terminée en moins de 15 jours.
La sous-estimation de l'esprit de résistance de l'adversaire qui se bat pour sa terre, sa famille et amis.
Le pilotage de la guerre par des bureaucrates depuis Moscou sans aucune prise en compte de la réalité du terrain.
La compétition entre les officiers russes sur champ de bataille, incapables de se coordonner, se dénonçant mutuellement à Moscou et bidonnant les rapports afin de plaire ou ne pas déplaire au « Soleil de la Nation ».
La logistique défaillante : les combattants finlandais médusés verront se présenter devant eux des soldats de l’Armée Rouge en tenue d’été !
L’élimination des corps des russes morts au combat : officiellement la guerre fit 350 morts côté russe alors qu’en réalité elle fit 127 000 tués et 265 000 blessés ou prisonniers.
Le rapport de force totalement déséquilibré en faveur de l’Union Soviétique (800 000 hommes, 3000 chars et 3800 avions contre 340 000 hommes, 30 chars et 173 avions) qui n’empêchera pas les russes d’enregistrer 5 fois plus de pertes que les finlandais (ratio que l’on retrouve aujourd’hui en Ukraine).
L’utilisation des peuples « frères » ukrainiens, biélorusses, géorgiens, arméniens, ouzbeks, kazakhs (et tant d’autres) comme chair à canon tout juste bonne à marcher en rangs serrés en première ligne afin de prendre la première rafale ou déminer devant les tanks.
La lâcheté des démocraties occidentales, Royaume-Uni et France en tête qui font miroiter jusqu’au dernier moment l’envoi de troupes et de matériels. Le matériel français arrivera bien, quelques jours après la fin du conflit.
Une guerre pour rien ?
Il y a en face de tant d’abjections, de brutalité et de médiocrité, un peuple fier, conscient qu’il lutte pour sa liberté et qui va se battre férocement pour arracher à Staline un accord de paix où ce dernier obtiendra tous ce qu'il exigeait avant le début de la guerre mais qui cimentera à jamais le peuple finlandais contre l’ogre russe.
La Finlande aujourd'hui
Ce pays compte 5,5 millions de citoyens, 870 000 réservistes (soit la troisième plus grande armée de l’OTAN par les effectifs) et 4,8 millions de places dans des abris souterrains dont plus de 80% sont à l’épreuve des attaques nucléaires et chimiques grâce à une loi finlandaise de… 2011 !
