Dans son article du 28 septembre dernier, le Washington Post relève que les initiatives de Trump pour aider les consommateurs américains se heurtent systématiquement à des résistances.
À cinq semaines des élections de mi-mandat, l'inflation — qui dépasse la croissance des salaires — est la préoccupation numéro un des électeurs. La Maison-Blanche a multiplié les propositions pour faire baisser les prix, mais chacune a échoué ou suscité des oppositions.
Diesel
Après une flambée des prix, Trump a proposé d'interdire les exportations de diesel. Les compagnies pétrolières et le secrétaire à l'Énergie Chris Wright s'y sont opposés, estimant que cela réduirait la production et ferait grimper les prix à la pompe. Les restrictions seraient probablement volontaires.
Bœuf
Suppression temporaire (90 jours) des droits de douane sur la viande bovine importée pour faire baisser le prix du bœuf haché (+25 % depuis le début du second mandat). Mais des sénateurs républicains des États agricoles (Grassley, Ricketts, Marshall) s'y sont opposés, y voyant une menace pour les éleveurs déjà pénalisés par la hausse du carburant et des engrais. Un retour en arrière sur cette politique serait envisagé.

Chèques de 5 000 $
Promis par Trump à tous les adultes américains si le parti républicain conserve le Congrès. L'idée est critiquée même au sein du parti : elle risque d'aggraver l'inflation et le déficit (coût estimé à plus de 1 000 milliards de dollars, alors que la dette dépasse 40 000 milliards). Un sondage YouGov montre que 64 % des Américains doutent de recevoir cette somme, et le Congrès n'a montré aucun empressement à légiférer.
Marché obligataire
Le Trésor a racheté des obligations d'État à long terme pour contenir la hausse des rendements — qui renchérit les crédits immobiliers (taux à 30 ans à 7 %) — sans résultat tangible, même si le Secrétaire au Trésor, Scott Bessent, met en avant deux adjudications réussies.
Trump est le premier responsable de l'inflation qu'il tente de juguler...
Comme le rappellent plusieurs économistes dans cet articles, ces mesures symboliques sont trop marginales pour résoudre la crise du pouvoir d'achat, d'autant que les politiques de Trump lui-même (guerre avec l'Iran et choc pétrolier, droits de douane, durcissement migratoire resserrant la main-d'œuvre) ont nourri l'inflation.
... Et les états-uniens ne sont pas dupes !
Seuls 27 % des Américains approuvent sa gestion de l'économie (sondage SSRS/CNN), soit son plus bas niveau jamais mesuré sur ce sujet. À un mois du scrutin, le mieux que Trump puisse espérer, selon l'économiste Rebecca Patterson, est que les électeurs reconnaissent ses efforts.
